David Bouchard (Patrick Huard) et Martin Ward (Colm Feore) ne pourraient être plus différents : l'un parle français et est originaire de Montréal, l'autre est un anglophone de Toronto. L'un obéit à la loi, l'autre fait la sienne. Lorsqu'ils seront forcés à travailler ensemble sur une enquête dont la juridiction géographique est aussi nébuleuse que les motivations de l'auteur du crime, leurs différences vont à la fois mettre en péril l'enquête et les aider à élucider le mystère.
Bon Cop, Bad Cop
confirme l'immense talent du réalisateur Érik Canuel (La Loi du cochon
, Le dernier tunnel
), très à l'aise dans le film de genre. Il signe l'un de nos films les plus américains. On y fait même référence au célébrissime « Are you talking to me? » de Taxi Driver
. C'est dire.
Quant à ses deux principaux acteurs, Patrick Huard et Colm Feore, ils forment un tandem irrésistible. Et souvent très drôle. À leurs côtés, Pierre Lebeau compose un invraisemblable capitaine de police au tempérament colérique qui cherche, tant bien que mal, plutôt mal en fait, à s'exprimer en anglais. Louis-José Houde, dont on connaît l'étourdissant débit, donne de la couleur à son médecin légiste, désopilant.
Malgré tout, le film ne renouvelle pas le genre. On y trouve, en vrac, tous les attributs du film policier placé sous le signe de la testostérone. Du rock et des tatouages. Du billard et des explosifs. Des bagarres et des poursuites. Des jolies femmes aussi. Canuel sait apprêter le tout avec une redoutable efficacité. Tellement qu'on en vient (presque) à oublier l'abominable titre... Une forme d'exploit.
8.5/10